Kelma… un cri à la mère

crédit Agnès Mellon
crédit Agnès Mellon

«Alors, pour lui parler encore une fois, pour continuer juste quelques instants notre conversation, il m’a fallu danser. Danser pour elle, contre elle, avec elle. » Les insondables injustice et cruauté d’une disparition sont un aiguillon dans l’écoulement du temps, et le deuil agit de façon récurrente en moteur pour la création.

La lecture du poète Mahmoud Darwich apprend à la chorégraphe marocaine qu’à la brutalité peut s’opposer la beauté. L’artiste, peut-être mieux encore la danseuse, crée et utilise un flux entre introspection et expression, et transpose la douleur dans son art, par nécessité. La part d’exil que Meryem Jazouli ressent durant ses années passées en France rejoint dans un même temps et une même émotion la mère défunte et l’enfance qui s’enfuit. Le solo Kelma… (parole) est la quête d’une « rencontre vitale avec l’absence ». Elle prend la forme d’un dialogue entre le silence et cette longue silhouette fantomatique dans laquelle la femme s’efface et laisse place à l’émotion qu’elle véhicule. « On en vient à choisir la douleur comme moteur de vie tant celle-ci devient précieuse pour garder le lien… »
M.Kelemenis

  • Chorégraphie et interprétation : Meryem Jazouli
  • Création lumière : Philippe Baste
  • Coproduction : AR2D, SCAC, Moussem Festival
  • Soutien : CCNT
  • Crédit Photo: Agnès Mellon
  • Prise de vue vidéo: Daniel Crétois

« So, in order to address her one more time, to continue our conversation just for a moment, I had to dance. Dance for her, against her, with her.» The unfathomable injustice and cruelty of a loss are a stimulus in the time flow, and the mourning acts as a driving force for creation. 

The reading of poet Mahmoud Darwich teaches the Moroccan choreographer that brutality can oppose to beauty. The artist, or rather the dancer, creates and uses a flow between introspection and expression, and transposes her pain in art, as a necessity. The exile Meryem Jazouli has experienced during her years in France rejoins in a same moment and emotion the deceased mother and the childhood running away. The solo Kelma… is the quest for a « vital encounter with absence ». It embodies a dialogue between silence and a long, ghostly silhouette in which the woman fades and shows the emotion she vehicles. « We come to choose pain as our life engine, it becomes precious to keep the link alive…»

M. Kelemenis